Grains de raisin, grain de raison

L’actualité internationale ou très locale se répète à l’infini et fait fi du retour d’expérience. Elle se joue des leçons passées et semble imperturbable devant les cris de colère ou les cris de désespoir.

Tout est si louche.

Austère, âpre et acide, il ne se dégage aucun caractère chaleureux ni capiteux. On voudrait que tout soit plus franc du pied, moins foxé, tellement fruité, friand et généreux, alors que tout semble si grossier avec un goût de rafle et de pourri.

On rêverait de vivre dans un univers hybride, harmonieux et honnête, aussi léger que limpide, sans oïdium ni mildiou, sans greffage ni saignée.

Un monde épanoui, solide, rond, souple, soyeux, vif et velouté. Comme un très bon millésime aux merveilleuses fragrances.

Le connaisseur ou l’amateur reconnaîtront ici tous ces mots propres à l’univers du vin où l’on apprend à surveiller l’oxydation pour que les vins ne s’altèrent pas en pratiquant l’ouillage qui permet de maintenir le niveau des fûts par ajout d’un vin maigre compensant les pertes dues à l’évaporation.

La vinification est une opération délicate et son déroulement reste conditionné par le savoir-faire du métier. Les principales étapes de la vinification sont l’égrappage, le pressurage, la macération et la fermentation.

Selon le vin qu’on souhaite obtenir, leur enchaînement peut être différent et le choix de la variété du raisin conditionnera également le résultat à atteindre. On peut aussi opter pour le délestage avec un écoulement lent de la cuve entrainant une opération de pressurage plus doux et plus progressif.

La fermentation alcoolique est le phénomène naturel au cours duquel les sucres du raisin se transforment en alcool sous l’action des levures, avec un dégagement de gaz carbonique. C’est ce gaz qui est contenu, par exemple, dans les bouteilles de champagne faisant sauter les bouchons et provoquant la formation de bulles.

Vin rouge, vin blanc, vin rosé, je nous compare un instant à ces grappes de raisin aux couleurs si variées.

Je nous sens égrappés, pressurés et macérés, avec une envie folle de faire sauter les bouchons avant que les levures ne dégagent le gaz carbonique.

Avec un peu d’ivresse, imaginons un printemps épanoui, solide, soyeux et velouté comme un très bon verre de vin aux arômes infinis.

Paula Serrajent

 

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