Francis Léger

Francis Léger, chargé d’études Écologie à l’agence MTDA (1) a pour mission de créer des animations autour du site Natura 2000 des palus de Saint-Loubès et Izon. Le 18 novembre, à la médiathèque de Saint-Loubès, il évoquait le sort des libellules.

La libellule fait partie des odonates, ordre d’insecte à corps allongé, doté de deux paires d’ailes membraneuses, en général transparentes. Ses yeux composés et souvent volumineux lui permettent de chasser les insectes dont elle est un des prédateurs.

La situation actuelle 

Selon Francis Léger on s’aperçoit que la variété des espèces d’odonates en France diminue à cause de la disparition des zones humides, leur cadre de vie. Dans les palus de Saint-Loubès à Izon le long de la Dordogne, on dénombre 44 espèces différentes. Il y a, dans ces endroits, différentes formes d’habitat, liées au niveau aquatique. C’est vital pour la libellule ! Son développement larvaire se fait dans l’eau et occupe la grande majorité de son cycle de vie. L’adulte n’est là que pour se reproduire. Les espèces varient selon le milieu de leur habitat : fossé, cours d’eau, étangs…

« J’ai du mal à dire, continue Francis Léger, que les libellules ont un rôle dans la nature car c’est une vision par trop utilitaire. On peut parler plutôt des services qu’elles nous rendent en consommant les insectes et les moustiques. »

Les libellules consomment les insectes et les moustiques

Les animations autour du site Natura 2000 

En lien avec la médiathèque de Saint-Loubès, Francis Léger a proposé le 18 novembre une conférence pour initier les personnes au cycle de vie des libellules, à leurs caractéristiques, aux différentes espèces. Le public a été vivement intéressé et ses questions ont abordé les raisons de la diminution des effectifs : la dégradation de l’habitat. Celle-ci est due à l’urbanisation, l’imperméabilisation des sols, la pollution, l’arrivée d’espèces exotiques envahissantes comme l’écrevisse américaine, l’assèchement des lieux, et le réchauffement climatique.

« Comme on ne protège que ce que l’on connaît », selon Francis Léger, il faut donc sensibiliser par la pédagogie et donner des solutions. Au niveau des autorités, réglementer ces zones pour les protéger, entretenir les mares voire en créer d’autres. Pour tout le monde, éviter les pesticides car par le biais des moustiques on trouble la chaîne alimentaire de la libellule.

L’animation devra se poursuivre en mai avec le collège de Saint-Loubès par une sortie sur les palus. Malgré tous ces efforts de pédagogie, une inquiétude demeure : comment les libellules ont-elles survécu à la sécheresse de l’été 2022 ?

Danièle Heyd 

(1) MTDA : bureau d’études et conseil environnement du service des acteurs publics

Aeschne affine

 

Libellule à quatre tâches