Mathilde Verger, cheffe de projet Parc des Coteaux. ©GPV Rive droite

Après le fauchage, les équipes du GPV réalisent des bottes de foin pour favoriser la biodiversité. ©GPV Rive droite

Mathilde Verger est cheffe de projet Parc des Coteaux au sein du GPV Rive droite. Elle détaille la notion de biodiversité et l’ensemble des actions menées pour la préserver à Cenon, Lormont, Floirac, Carbon-Blanc et Bassens. Entretien.

L’Écho des Collines : Pouvez-vous rappeler ce qu’on entend par biodiversité ?

Mathilde Verger : La biodiversité fait référence à la faune, la flore et l’ensemble des milieux naturels. Protéger la biodiversité, c’est protéger l’ensemble du vivant présent dans les écosystèmes naturels. Cette volonté de protéger le vivant et d’étudier ses interactions a émergé dans les années 1980 quand la question du réchauffement climatique est devenue centrale et s’est « démocratisée » avec le Sommet de la Terre à Rio, en 1991.

EDC : Un plan de gestion du Parc des Coteaux a été élaboré en 2017 et actualisé en 2021. Comment se décline-t-il ?

M. V. : Notre plan de gestion écologique est coordonné par le Parc Lab, le laboratoire du Parc des Coteaux. Il est composé de fiches actions pour chacun des 13 parcs qui composent le Parc des Coteaux. Parmi les actions mises en place, on peut citer la fauche tardive avec exportation, ce qui revient à réaliser des bottes de foin après la fauche pour protéger les prairies et avoir des espèces plus diversifiées et plus rares.

On pratique le pâturage en itinérance, avec nos brebis (1), qui permet de diversifier davantage les cortèges végétaux que la tonte mécanique. La plan de gestion prévoit une évolution naturelle : on intervient pas dans certaines zones boisées et on en ferme certaines pour créer des zones de quiétude, sans présence humaine. On laisse les arbres morts sur pied pour qu’ils servent de refuges et de zones de nourriture ; on entretient ou on crée des lisières forestières en bordure des boisements pour une interface, un refuge, entre prairies et bois (on cible alors les reptiles et les insectes notamment), etc.

Enfin, on crée des mares et des points d’eau, comme à la Burthe et au Castel, à Floirac. Et on pose des nichoirs à la Plaine du Faisan, à Carbon-Blanc pour renforcer les sites de nidification des chouettes chevêche et à la résidence Beausite à Cenon, pour les faucons pèlerins.

EDC : Peut-on déjà mesurer les effets de ce plan sur la qualité de la biodiversité locale ?

M. V. : Une étude est en cours pour avoir un retour sur ces actions et en mesurer les effets. Elle devrait être disponible d’ici la fin de l’année. On note toutefois la présence sur notre territoire d’espèces rares, aussi bien pour la flore et la faune : l’ail rose et l’epipactis des marées (une orchidée) ; le triton marbré et l’acolyte accoucheur (des amphibiens) ou encore des papillons rares ou protégés comme le citron de Provence ou l’azurée du serpolet.

Propos recueillis par Coraline Bertrand

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(1) Lire le portrait de la nouvelle bergère du Parc des Coteaux dans notre numéro 277, de février 2024.

L’ail rose fait partie des espèces rares recensées dans le Parc des Coteaux. ©GPV Rive droite

Espèce rare, le triton marbré est présent au Domaine de Sybirol, à Floirac. ©GPV Rive droite