
La Fédération de pêche de la Gironde. ©DL
En plus de la promotion et du contrôle de la pêche de loisir, la Fédération de pêche de la Gironde est chargée par la loi de la protection du milieu aquatique et gère 6 500 kms de cours d’eau et 11 000 ha de plans d’eau.
Nicolas Larreboure, chargé de mission à la Fédération de pêche 33 dont le siège est à Beychac-et-Caillau, a expliqué l’intérêt de cette protection et donné des exemples d’actions concrètes.
Les espèces de migrateurs en Garonne et Dordogne sont très surveillées
« Dans notre domaine, la biodiversité c’est surtout du non visible », précise-t-il d’entrée. « Par principe, on ne voit pas ce qui est sous l’eau et notre mission suppose d’abord de connaître l’état de la faune dans nos rivières et plans d’eau. Nous avons des procédés particuliers d’inventaire, par exemple une pêche électrique non létale qui nous permet de compter et relever les espèces présentes sur une certaine distance et d’en déduire un état général sur un même cours d’eau. C’est la méthode la plus sûre aujourd’hui. Tous ces constats sur cours d’eau ou sur les grandes rivières comme la Garonne ou la Dordogne nous permettent de connaître l’état et surtout l’évolution de la faune selon les lieux. C’est ainsi que l’on surveille les espèces de migrateurs en rivières (esturgeon, saumon, truite de mer, anguille, grande alose, alose feinte,lamproie marine, mulet). À partir des ces constats la pêche a été interdite pour 4 de ces 8 espèces afin de permettre leur renouvellement. »
« Les pêcheurs amateurs et professionnels sont également des lanceurs d’alerte, ils savent mieux que personne si une espèce est en train de disparaître sur leur lieu de pêche habituel et nous informent régulièrement. Il y a ainsi une forte diminution de la présence d’anguille et de lamproie. »
Des actions de réintroduction de certaines espèces sont réalisées, notamment avec la Migado qui est une autre association chargée par le ministère de l’Environnement de la gestion et restauration de la population de poissons migrateurs. C’est ainsi que le saumon et l’esturgeon ont été réintroduits.
Restaurer la continuité écologique.
Les causes de ces disparitions sont multiples, notamment la qualité de l’eau, la présence de barrages, le silure qui est un poisson carnassier redoutable.
« Sur les plans d’eau et petits ruisseaux nous relevons les parties en mauvais état ou polluées (viticulture, industries à Ambès) et nous agissons surtout sur la restauration de la continuité écologique. Les herbiers et plantes aquatiques sont la nourriture des poissons. Nous intervenons sur les écoulements de petits cours d’eau, aménagement de seuils passe à poisson, la restauration de frayères (reconnecter un bras mort à une zone humide par exemple). Certains cours d’eau ont été canalisés ou rectifiés au fil des années et il est important de leur faire retrouver leurs méandres d’origine si possible.
Et l’avenir ?
La fédération de pêche organise des actions de sensibilisation à l’environnement auprès des écoles, centres de loisirs, des sorties nature ou d’apprentissage de la pêche. « Grâce à la sensibilisation des nouvelles générations sur l’écologie, la pratique de la pêche évolue et on note une différence notable entre anciens et nouveaux pêcheurs. Les plus jeunes pêchent au leurre et très souvent remettent le poisson à l’eau, leur plaisir n’est plus de ramener une quantité de poisson à la maison. »
Et Nicolas Larreboure de s’interroger : « Faut-il revenir au temps d’avant ? Et c’était quand avant ? La nature est capable de s’adapter, par exemple on a constaté la présence de frayères dans des gravières creusées dans les années 1980 pour la construction des routes. »
Maïté et Didier Lavie
