
Bruno Foucaud, auteur de l’ouvrage consacré à Georges Michel, et Bernard Lachaise, professeur honoraire d’histoire contemporaine, animant la conférence sur la Résistance à l’Hôtel de ville de Cenon. ©CC
Le 5 mai, la Ville de Cenon organisait une conférence intitulée « René Michel : un destin de résistant ». Cette rencontre s’inscrivait dans le cadre de l’exposition du même nom, présentée à Cenon à partir du 6 au 13 mai à l’espace Simone-Signoret.
La conférence était animée par Bruno Foucaud, auteur de l’ouvrage « Un héros très discret, Georges Michel 1910-2011 », et par Bernard Lachaise, professeur d’histoire contemporaine. Ensemble ils ont retracé les parcours croisés de Georges Michel et René Michel, deux frères engagés dans la Résistance. Au cours de la soirée, les intervenants sont revenus sur le contexte social et politique des années 1930, marqué par le Front populaire, les grandes grèves ouvrières et les importantes avancées sociales. Les intervenants ont expliqué que Cenon occupait alors une place importante dans l’industrie de la Rive droite bordelaise.
Les usines, les ateliers métallurgiques, les chantiers navals et les entreprises aéronautiques employaient des milliers de salariés. Cette concentration ouvrière favorisait le développement d’une forte culture militante et syndicale. Le Parti communiste y possédait notamment un réseau de cellules très structuré,
implanté dans les quartiers et les entreprises.
RENÉ MICHEL, TORTURÉ ET FUSILLÉ
Une grande partie de la conférence a été consacrée à René Michel. Ouvrier hautement qualifié dans l’aéronautique, militant communiste et syndicaliste CGT, il entre très tôt dans la clandestinité après l’interdiction du Parti communiste en 1939. Les intervenants ont détaillé son rôle dans l’organisation des FTP et des premiers groupes de résistance armée dans le Sud-Ouest. Plusieurs sabotages ferroviaires menés contre les lignes utilisées par l’armée allemande ont été évoqués, ainsi que les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles vivaient les résistants. Plusieurs témoignages et documents d’archives ont été présentés au public. La conférence est également revenue sur les derniers mois de René Michel. Blessé lors d’une tentative d’arrestation en novembre 1942, il parvient à fuir plusieurs jours malgré ses blessures avant d’être finalement arrêté. Torturé puis jugé par un tribunal militaire allemand, il est condamné à mort et fusillé le 5 mai 1943 dans la forêt de la Braconne avec plusieurs de ses camarades résistants. La conférence a aussi mis en lumière le rôle de Georges Michel dans la Résistance.
Imprimeur et agent de renseignement, il utilise son activité professionnelle pour fabriquer de faux papiers, imprimer des tracts clandestins et transmettre des informations aux réseaux résistants. Après la guerre, il poursuivra son engagement dans la vie publique locale.
Au-delà des parcours individuels, cette conférence avait pour objectif de rappeler l’importance de la mémoire résistante dans l’histoire. Les intervenants ont notamment insisté sur le fait que certains résistants communistes avaient parfois été oubliés ou insuffisamment reconnus après-guerre malgré leur engagement contre l’Occupation. À travers cette rencontre et l’exposition présentée à Cenon, la Ville souhaitait transmettre cette mémoire aux nouvelles générations et redonner une place à des figures locales comme René Michel.
Charlie Campiglia
