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Située sur la commune de Latresne, on l’aperçoit depuis le Pont François-Mitterrand, c’est
dire sa proximité avec Bordeaux. Désormais propriété de Bordeaux Métropole, l’île d’Arcins
pourrait à terme être accessible à un public restreint.
UN PASSÉ VITICOLE ET ARBORICOLE
C’est en 1763 que l’on trouve un arrêté concédant cette île à un particulier, directeur des domaines à Bordeaux (Isle d’Arseins ou œil de bœuf). Sa superficie est alors de 10 hectares.
Puis, elle fut vendue et rachetée de nombreuses fois : 1816, 1874, 1896, 1930… On note qu’en 1930, l’île mesure 19 hectares, son agrandissement tient à la culture sur les bancs de sable et à leur stabilisation. Elle est plantée en grande partie de vignobles. Une bâtisse et des chais y ont été construits.
Lorsqu’en 1955 l’INRA (Institut National de Recherches Agronomiques) s’installe sur l’île en vue d’expérimentation en arboriculture, les vignes semblent improductives et sont arrachées pour être remplacées par des vergers.
L’entretien de l’île est particulier et onéreux.
L’avant-dernier propriétaire avait des projets touristiques et souhaitait que l’île devienne un lieu de promenade pour les urbains. Cela n’a pas pu se produire. L’entretien de l’île est particulier et onéreux. En effet, le mascaret (1) déferle, quelquefois vigoureusement, sur les deux bras de la Garonne qui encerclent l’île, et ronge ses berges à chaque passage. Il forme des orifices dans les digues en terre qui l’entourent, surtout sur les extrémités nord et sud. L’eau pénétrant par ces ouvertures détruit profondément les digues qu’il faut régulièrement combler et rehausser.
UN RACHAT PAR BORDEAUX MÉTROPOLE
Avant l’achat récent par Bordeaux Métropole (en 2024), l’île était redevenue un lieu bucolique et sauvage, la nature ayant repris toute sa place. Frênes et saules retrouvent leur lieux de prédilection, humidité et terre argileuse. Les roseaux ne se sont pas privés de s’installer sur les zones très humides et forment
une forêt alluviale. Selon Bordeaux Métropole; ces arbres rendent de grands services en « retenant par leurs racines, les terres où ils s’implantent, et fixent de grandes quantités de carbone ».
À l’heure actuelle, l’île a une superficie de 37 hectares et s’étire sur environ 2 km de long sur 300 m de large. Ce site est classé Natura 2000.
QUEL AVENIR POUR CETTE ÎLE ?
« L’objectif est de préserver et valoriser ce patrimoine naturel et riche… L’île pourrait devenir un parc public fluvial métropolitain, accessible quelques mois par an sur un périmètre restreint pour un public limité, notamment les scolaires, les associations et structures scientifiques », annonce Bordeaux Métropole.
Est-ce que ce programme prévoit le respect de la faune, très nombreuse semble-t-il sur l’île ? Il faut l’espérer. Des sangliers, chevreuils, renards, ratons-laveurs, ragondins et loutres d’Europe y ont été aperçus. Cormorans, hérons cendrés et même des paons venant d’une propriété voisine, y logent aussi. La nature est belle lorsqu’elle est laissée libre de tout prédateur… humain !
Gloria Gargallo
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(1) Vague déferlante remontant la Garonne depuis l’océan à chaque marée.