L’Inconsciente Avancée

Il était cohérent de demander à un outil d’intelligence artificielle de produire l’édito pour votre mensuel de juillet-août numérique. Voici la demande et la réponse :

« Bonjour. Peux-tu me produire un édito de 5 à 7 lignes pour souhaiter un bel été à nos lecteurs avec humour et bienveillance et le rendre pétillant ?

– L’été est enfin là ! L’heure de troquer les agendas bien remplis contre les lunettes de soleil, les glaces qui fondent un peu trop vite et les siestes (plus ou moins assumées). Que vous preniez la route des vacances ou simplement le temps de souffler près de chez vous, nous vous souhaitons une parenthèse pleine de sourires, de découvertes et de petits bonheurs. Profitez de ces beaux jours pour recharger les batteries… sans oublier de garder une petite place pour nous à la rentrée ! D’ici là, passez un très bel été et prenez soin de vous. »

C’est aussi simple. L’IA travaille sur l’existant sans émotion ni vécu. Elle s’appuie sur ce qu’elle a reçu et elle recombine les éléments pour répondre à la demande. Elle réarrange. Elle répète. Avec un sens de l’exécution et de l’efficacité inégalable.

Notre cognition face à l’IA est mise en question. Plus on s’habitue à l’outil, par facilité, plus notre capacité de concentration s’amenuise. Le danger est là et il augmente inversement proportionnel à l’âge de l’utilisateur. Car plus un outil est performant, plus il nécessite de prendre du recul et d’activer notre esprit critique. Le cercle peut vite devenir vicieux en pensant aux jeunes enfants. Il faut juste garder en tête que le cerveau est un muscle. Si on ne le fait plus travailler, il perd sa tonicité et sa puissance.

Le remède ? Lire, faire lire, donner envie de lire, raconter, dialoguer, susciter des échanges, enrichir son vocabulaire, entretenir la mémoire, raisonner, critiquer et réfléchir par soi-même.

Car cette inconsciente avancée technologique est bien trop vite banalisée, intégrée dans nos vies sans aucune préconisation. On oublie rapidement qu’elle ne comprend rien à ce qu’elle produit, qu’elle ne pense pas, qu’elle ne développe aucun sentiment. Même son nom est un mirage. Elle n’a aucune intelligence. Elle est un outil et à chaque instant, il faut la maintenir à sa juste place au même titre qu’un lave-vaisselle ou une scie sauteuse.

L’été est là. Rien n’est mis véritablement entre parenthèses mais c’est une période propice au repos, à la détente, à quelques brasses dans l’océan ou quelques cocktails plein de glaçons en terrasse, entre amis ou en famille.

« L’été sera chaud ! » Écrit en 1979, ce titre musical a été un véritable succès estival malgré des paroles bien simplistes dignes d’une intelligence artificielle…

Toute l’équipe de L’Écho des Collines vous souhaite des vacances douces et colorées. On se retrouve en format papier à la rentrée !

Paula Serrajent