
Coup de foudre pour Escamillo le toréador. ©Françoise Rouquié
Vendredi 6 mars, à l’Espace culturel du Bois Fleuri : CARMEN. Depuis longtemps, c’était complet. Solistes et chœurs de l’Opéra National de Bordeaux donnaient l’opéra le plus célèbre du répertoire, rejoints sur la scène par l’ensemble vocal de l’école de musique et de danse de Lormont. Deux séances le même jour pour les habitants de la ville, 14h pour les enfants et 20h. Une convention passée entre l’équipe culturelle de la ville et l’Opéra National de Bordeaux, 18 mois de préparation.
Au pupitre, le maestro Salvatore Caputo chef des chœurs, tout heureux de cette collaboration entre professionnels et amateurs, et agréablement complice avec le public. Les grands moments de l’opéra ont été chantés, avec l’accompagnement brillant du pianiste de l’école de musique Stéphane Trébuchet, à lui seul tout l’orchestre. Non moins formidable Loïc Richard, le récitant, qui faisait le lien entre les différents passages phares de l’opéra, dans un langage d’aujourd’hui, truculent. Il était chargé aussi de pointer l’actualité cruelle de la situation représentée, puisqu’elle n’est ni plus ni moins, après une montée dramatique, qu’un féminicide qui se déroule sous nos yeux. Face à l’amour possessif et menaçant de Don José, Carmen est une femme qui ne cède pas sur sa liberté et elle le paie de sa vie. Salvatore Caputo a conclu la représentation en rappelant combien pour faire ressentir le tragique de ces situations insupportables, la musique, par l’émotion qu’elle suscite, vaut bien tous les discours. Une émotion certaine pour les enfants aussi dans l’après-midi raconte-t-il. Pour les rassurer, il a fallu faire se relever très vite les comédiens effondrés. « C’était une fiction, ouf ! », mais pour eux aussi, une leçon de vie.
Françoise Rouquié

Le salut traditionnel des artistes à la fin. ©FR

Complet ! ©FR
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