Un Merci de trop, de Carène Ponte (Éditions Michel Lafond)

Jusqu’à l’âge de 30 ans, Juliette a été toujours une jeune fille sage, soumise qui se sent « transparente ». Or, un jour elle se révolte et démissionne de son travail pour devenir écrivain. Pour fêter l’avènement de la nouvelle Juliette, elle entre dans un bar, se laisse draguer par un inconnu et à moitié ivre, couche avec lui. Quelques mois plus tard c’est la catastrophe : Juliette, qui n’a rien écrit, s’aperçoit qu’elle est enceinte alors qu’elle vient de tomber amoureuse de son beau voisin de palier. À partir de là on entre dans une série de péripéties amusantes toutes plus cocasses les unes que les autres, dans lesquelles apparaissent deux autres personnages : Nina, sa camarade de classe devenue son amie et Luc, le fameux voisin. Dérision et humour sont les deux attributs du style du roman, surtout lorsque la narratrice est Juliette. Rassurons-nous à la fin cette dernière révèle enfin qu’elle a de la personnalité et tout finira bien mais pas comme on s’y attendait.

Danièle Heyd

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La Maison vide, de Laurent Mauvinier (Éditions de Minuit)

C’est une fresque familiale à la fois dramatique et palpitante que retrace le narrateur dans ce livre. La maison vide est le départ de cette plongée dans le destin de la famille de son père, et elle sera aussi celle qui clôt ce roman. On y découvre deux personnages centraux : l’arrière-grand-mère Marie Ernestine dont les rêves d’avenir ont été brisés par le mariage imposé par son père Firmin, avec Jules, un de ses employés. À cause de ce mariage sans amour, Marie-Ernestine refusera d’aimer Marguerite, sa fille et celle de Jules. Ce sera la cause de la destinée tragique de celle-ci et du déclin social de la famille. Autour de Marie-Ernestine qui fuit, dans la musique de son piano, un réel décevant et Marguerite qui, en révolte contre sa mère courra à sa perte, évolue tout un monde campagnard. Le roman se passe à La Bassée, une petite ville de province de Touraine d’avant la guerre de 1914 à nos jours. Malgré les 730 pages de ce livre, on ne peut le quitter car l’histoire est très émouvante et la vision patriarcale de la condition féminine fait réfléchir.

Danièle Heyd