L’épaisseur d’un cheveu, de Claire Berest (Éditions Le Livre de Poche)

L’épaisseur d’un cheveu, ce n’est pas grand-chose. Ce n’est presque rien. Presque.

Étienne est correcteur dans une maison d’édition. Il a un grand projet qu’il a du mal à mettre en forme. Sa femme Vive, a elle aussi des projets artistiques et surtout des envies d’indépendance. Etienne lui impose ses concerts de musique tous les mardi soir, ses voyages en Italie… Vive veut s’épanouir loin de son mari psychorigide. Alors quand elle lui annonce qu’elle n’ira pas au concert du mardi soir avec lui, quelque chose va dérailler dans la tête d’Etienne.

Claire Berest dans un style implacable, nous donne à voir la descente dans la folie de cet homme. Elle examine avec précision comment un moment insignifiant peut amener à l’irréparable.

Maïté Lavie

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L’amour, c’est surcoté, de Mourad Winter (Éditions Robert Laffont)

Ce livre très amusant est écrit dans ce qu’on appelle, la langue des jeunes, truffée de « vannes » drôlissimes. Le narrateur, Mourad, a 27 ans et vivote chez ses parents sans boulot précis. À la suite du suicide de son ami par désespoir d’amour, il craint donc d’aimer et réduit au sexe, ses relations avec les femmes. Or, le voilà, soudain, désireux de séduire, en mentant sur sa situation, une fille bien, Imène, qu’il vient de rencontrer au sortir d’une boite. Or la fûtée Imène ne se laisse pas prendre au jeu et va plutôt l’entraîner à sa suite en se jouant de ses mensonges. Cela va donner une suite de gags amusants. Il va découvrir peu à peu qui est Imène et la place qu’elle a dans son cœur. Le regard distancié et ironique que le narrateur a sur lui et sur les autres personnages amuse et donne à cette histoire une certaine humanité. Elle a donné lieu à un film récent.

Danièle Heyd