Haut débit et débat
Du modem à la fibre optique, le numérique ne fait que s’infiltrer dans nos quotidiens par toutes les portes et fenêtres, ouvertes comme fermées, avec des
performances de plus en plus élevées.
Toute personne de plus de 30 ans aura donc vécu la progression du débit de l’internet et se sera plus ou moins appropriée les outils numériques. Son statut reconnu est le digital natif, comprenez une personne ayant grandi dans un environnement numérique. Tous ceux nés entre 1980 et 2000 sont les enfants du numérique. La génération précédente est censée être moins à l’aise avec l’outil informatique et, en toute logique, la génération suivante baigne dedans avec une grande facilité… eh bien, pas tant que cela !
Sans généraliser, il existe un pourcentage assez élevé d’adolescents qui maitrisent parfaitement les réseaux sociaux et les applications digitales, manipulent leur téléphone avec une grande dextérité mais n’ont aucune représentation mentale d’une organisation informatique, cherchent sur le clavier d’un ordinateur les touches aux caractères spéciaux et perdent régulièrement leurs fichiers faute de sauvegarde ou de compréhension.
Après la fracture numérique des territoires et classes sociales, il existe une fracture numérique générationnelle. Les jeunes très habiles et compétents avec leur téléphone portable ne sont pas tous capables de manipuler un ordinateur, pièce maîtresse essentielle dans 90% des métiers aujourd’hui. Le paradoxe, c’est que de multiples outils se sont mis en place pour accompagner cette transformation des usages. Dès les années 2000, le Brevet Informatique et Internet a été mis en place dans les collèges et les lycées avec son collègue le Certificat Informatique et Internet pour l’enseignement supérieur. Il y a eu aussi le Passeport Informatique et Multimedia. Il y a dix ans, la plateforme PIX a été déployée et a tout remplacé. C’est un parcours à vie, en phase avec le cadre européen des compétences
numériques et adapté à chaque profil puisque l’algorithme ajuste en temps réel ses questions à vos difficultés.
Oups, je devrais écrire que l’algorithme adapte ses questions à vos facilités. Je devrais parler de e-inclusion et non de fracture numérique. Je n’oppose pas les générations entre elles, je confronte mes idées aux vôtres, j’ouvre un débat constructif. Je ne dis pas qu’il y a échec, j’exprime une expérience riche en enseignement.
Je ne critique pas, j’apporte un regard extérieur.
Il n’y a pas de défaut, juste une belle marge de progression à construire. Il n’y a pas de problème à l’horizon, juste un enjeu intéressant, un défi de taille qui sera traité avec grand intérêt.
Je reformule des réalités complexes et négatives avec du vocabulaire positif. En quelques semaines de campagne présidentielle, je suis imbibée de communication stratégique. On ne parle pas d’austérité, on met en œuvre une responsabilité budgétaire. Ne dites plus taxe ou impôt, parlez de contribution citoyenne ou de solidarité nationale. Les réformes sont du progrès social et les grèves, des expressions démocratiques légitimes. L’absence de majorité devient une recherche
de consensus, les problèmes sécuritaires sont des préservations du vivre ensemble et les caméras de surveillance des outils d’aide à la décision, véritables outils de préservation de nos cadres de vie. Question de vocabulaire.
Cette fin d’édito est une sorte de mini IA pour vous entraîner à l’écoute active des discours politiques et autres interventions des candidats en lice pour l’élection présidentielle, et pour vous habituer à la langue de bois qui va faire feu de… tout bois dans les mois à venir.
N’oubliez pas, octobre se pare des couleurs de l’automne et du Rose pour la lutte contre le cancer du sein !
Paula Serrajent