
« Nous avons pu retrouver du temps et apprendre à nous connaitre. » ©ADB
Le 4 juin dernier, à Artigues-près-Bordeaux, Château Bétailhe, l’association Cadres Entraide (1) a célébré son trentième anniversaire. À cette occasion, Jérôme Fourquet, politologue et directeur du département Opinion à l’IFOP a animé une conférence sur le thème : « Panorama des évolutions sociologiques du travail de 1960 à aujourd’hui ».
En introduction, Christian Guillaneuf, président de Cadres Entraide, a précisé comment les cadres en recherche d’emploi pouvaient être accompagnés. En partenariat avec France Travail l’APEC (2), la structure accueille 60 cadres par an, « au service de parcours professionnels durables ». Pour les bénéficiaires, il s’agit de reprendre leur trajectoire, souvent après des changements de direction. Certains ont retracé leur expérience, parfois après des ruptures brutales avec leur emploi. Tel fut le cas pour Melissa
qui, à la suite de la mutation de son mari à Bordeaux, a trouvé un emploi, puis un changement de poste et un licenciement brutal. Après avoir retrouvé la confiance en elle, elle pense se diriger vers des métiers commerciaux. Laurent, directeur de production et trente ans dans la même société, précise avoir « été remercié rapidement. Grâce à l’équipe bienveillante et compétente de Cadres Entraide, j’ai entamé une formation en mécanique automobile, obtenu mon CAP et trouvé un emploi dans un garage au quai de la Souys à Bordeaux ».
LE RAPPORT AU TRAVAIL ÉVOLUE
Jérôme Fourquet indique, d’après un sondage, qu’en 1990 les Français considéraient le travail comme très important pour 61% d’entre eux, après la famille. En 2023, ils n’étaient plus que 24%… Parallèlement, la durée du travail diminue. La durée annuelle était en 1990 de 1825h/an, elle n’est plus que de 1600h/an en 2025. La durée hebdomadaire, ramenée à 35 h, a généré de nombreux jours de RTT et par conséquent une
croissance des loisirs.
Il faut noter une certaine perte d’intérêt pour le travail.
Par ailleurs, il faut noter une certaine perte d’intérêt pour le travail. Ou bien celui-ci a-t-il perdu de son sens ? La financiarisation de l’économie et l’optimisation de la rentabilité engendrent de la pression sur les salariés comme sur les sous-traitants des entreprises. La complexité du travail s’est trouvée accrue. « Les normes produites par les administrations, comme par Bruxelles, impliquent des contrôles à tous les étages !
Beaucoup de salariés ne s’y retrouvent plus », ajoute Jérôme Fourquet. De plus, la relation avec l’entreprise se dégrade. En tenant compte du salaire et des divers avantages, la relation était qualifiée d’équilibrée par 54% des salariés en 1995. En 2022, ils n’étaient plus que 40% et 48% s’estimaient perdants dans l’échange.
Le télétravail concerne aujourd’hui 30% des salariés. Certes, il apporte plus de souplesse dans les choix résidentiels mais il allonge les trajets domicile-travail. Pour conclure, Jérôme Fourquet rappelle une affiche publicitaire à l’initiative du maire de La Baule sur les murs de la gare Montparnasse : « Vivre et travailler au pays des vacances ».
Alain Duleu-Burré
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(1) Parc Descartes, 6 avenue Descartes, Bât B, 33370 Artigues-près-Bordeaux.
(2) Association pour l’Emploi des Cadres.