
Le tabouret « Contre Champs et Marées » de Frédérique Morrel. ©DH
Jusqu’au 15 novembre est présente au château ducal, « Drôles de meubles », une exposition d’une partie des collections du Mobilier national revisitée par des artistes de notre temps.
Il s’agit de pièces du mobilier national sans valeur artistique ou patrimoniale. Ces meubles forment la collection des Aliénés. En 2010, un programme du Centre des monuments nationaux décide de les faire recréer par des artistes contemporains et de les placer dans un cadre historique. Cette année, 52 de ces Aliénés revisités sont répartis dans trois lieux : le château de Châteaudun, la Tour de La Rochelle et le château ducal de Cadillac.
Pas simplement habiller un meuble mais faire une œuvre d’art.
UN PARCOURS ÉCLECTIQUE
Le temps fort de l’exposition se place dans l’antichambre du duc d’Epernon où l’on sent vraiment le désir des artistes : « Pas simplement habiller un meuble mais faire une œuvre d’art » (J. P. Auxiètre). Deux exemples illustrent cet objectif. Le meuble « L’École des loisirs » par le collectif Arspéculation, est au départ une banale commode Louis XVI, métamorphosée en objet ludique. Tapissée de plaques de mécano de couleurs vives et agrémentée de sigles, est-elle un meuble ? Un jouet ? Fait-elle écho à la disposition genrée des grandes salles du pavillon central ?
À ses côtés, le beau tabouret « Contre Champs et Marées » de Frédérique Morrel. Recouvert de morceaux de tapisseries de La Savonnerie, ce dernier instaure bien un dialogue avec les grandes tapisseries murales de la pièce. Toute l’exposition joue, avec plus ou moins de bonheur, entre recyclage du mobilier et histoire du château. Parfois il s’y glisse un zeste de provocation. Dans l’antichambre de la duchesse, un secrétaire à abattant en bois de noyer, peint en vert pastel surprend par son titre : « Hollywood ». Le château ducal serait-il devenu, pour un instant, le décor d’un film américain ?
On admire, on s’étonne, on s’amuse, mais c’est sûrement à voir.
Danièle Heyd