La ligne du désir

Avril, son printemps, ses oiseaux, ses fleurs des champs et ses promenades.

L’Écho vous propose une sélection de quelques endroits où il fait bon se promener, en suivant l’itinéraire proposé ou en se laissant aller au fil des voies empruntées.

Au détriment parfois du tracé établi, le marcheur avance à contre-courant et ses pas finissent pas créer une ligne de désir. C’est ainsi que ces traces dans l’herbe fraîche ou la terre battue se nomment. Elles sont le fruit de passages répétés par celles et ceux qui préfèrent l’efficacité à la conformité.

Observez, pendant vos promenades urbaines ou rurales, ces voies alternatives qui se dessinent au gré de l’usager. Insolentes ou indomptables, elles sont révélatrices d’une envie de liberté ou d’un besoin de praticité. Il existe parfois un réaménagement du passage originel. La ligne de désir n’est plus ignorée, reléguée, mais dûment reconnue, entérinée, aménagée. Elle devient réalité.

De ligne de désir en ligne droite, de chemin préféré en ligne d’horizon, de grandes lignes d’un programme politique à sa réelle mise en œuvre, tous les chemins mènent à 2027 et c’est maintenant que la course à l’Élysée commence. La dernière ligne sera bien droite, malgré le dépassement des lignes blanches, avec ou sans
ligne de conduite.

Comme pour nos récentes élections municipales, il faudra apprendre à lire entre les lignes les programmes proposés. Certains prétendants auront en ligne de mire le
poste suprême, d’autres se contenteront de construire la ligne de fortification.

Nos candidat·e·s, écriture inclusive oblige, seront en ligne les un·e·s avec les autres, pendu·e·s au fil de leur téléphone. Pour coordonner leurs actions ou déstabiliser leurs concurrents. Pour rester dans la ligne du parti.

Il y aura ceux en première ligne, puis ceux battus sur toute la ligne. Ceux qui seront rentrés en ligne de compte et ceux qui n’auront plus que leur ligne de vie au creux de leurs mains pour pleurer.

C’est à ce moment-là qu’ils renoueront avec les lignes de désir, ces voies alternatives qui se dessinent au gré des usagers.

Point, à la ligne.

Joli mois d’avril, au fil des rayons de soleil et du chant des oiseaux.

Paula Serrajent