La station de pompage de l’usine de production
d’eau industrielle. ©CB

À Saint-Louis-de-Montferrand, la station de production d’eau industrielle fournit les industriels de la presqu’île d’Ambès depuis une vingtaine d’années. D’abord exploité par Veolia, ce « dispositif vertueux » est passé sous la Régie de L’Eau Bordeaux Métropole, en janvier 2024. Des perspectives d’extension du réseau sont envisagées.

« Cette station est unique dans le département. » C’est par ces mots que la maire de Saint-Louis-de-Montferrand, Josiane Zambon, a présenté la station de production d’eau industrielle, installée dans sa commune depuis fin 2002, lors d’une visite de presse organisée fin décembre.

Cette station de production d’eau industrielle puise l’eau de la Garonne et la traite afin de fournir aux industriels de la presqu’île d’Ambès une eau de qualité, non salée, pour leurs usages professionnels. Elle offre « une alternative pour économiser l’eau potable et permet de limiter les prélèvements d’eau dans les nappes souterraines », comme l’a souligné la présidente de la Régie L’Eau Bordeaux Métropole, Sylvie Cassou-Schotte.

L’eau est traitée, sans pour autant devenir potable.

Chef de file de la visite, Éric Marthiens, technicien d’exploitation en charge de la maintenance de la station, a expliqué que l’eau de la Garonne est pompée « d’octobre à juillet en moyenne car en été, elle contient trop de chlorure [indicateur de la salinité de l’eau, NDLR] et le ‘’bouchon vaseux’’ (1) altère sa qualité ».

UNE EAU TRAITÉE MAIS NON POTABLE

Pour éviter toute rupture d’approvisionnement, l’eau traitée est stockée dans les étangs de Beaujet, à Saint-Louis et Ambès, après « un processus de coagulation-floculation avec décantation accélérée ». Ce qui signifie que l’eau a été débarrassée de ses saletés, « sans pour autant devenir potable ».

« Cette eau est ensuite fournie à une vingtaine d’usines sur le réseau nord (Yara, Vermillon, SPBA, Nouryon…) et le réseau sud (Michelin, SAIPOL, Foresa, Diester…), pour leur process industriel, leur réseau anti-incendie. Elles évitent ainsi de puiser dans la nappe de l’Éocène, comme elles le faisaient avant avec leurs forages », détaille le technicien.

Guillaume Bouquant, directeur de l’usine Michelin de Bassens [il a changé de poste au 1er janvier 2025, NDLR], a rappelé qu’ils avaient été pionniers dans l’utilisation de cette eau industrielle pour leur réseau incendie et que la station avait su, au fil du temps, produire une eau « de qualité constante ».

Pour clore la visite, le maire de Bassens, Alexandre Rubio, et la présidente de la Régie L’Eau Bordeaux Métropole ont insisté sur la nécessité impérative d’œuvrer pour économiser l’eau à l’avenir et ont évoqué des perspectives d’extension du réseau. Objectif : convaincre de nouveaux industriels de se raccorder à cette station « vertueuse ».

Coraline Bertrand

(1) On appelle « bouchon vaseux » l’ensemble des sédiments et organismes vivants décomposés transportés par le fleuve et qui, au contact de l’eau salée, remontent à la surface.