Des distributions alimentaires sont proposées aux étudiants. ©DR

Malgré des mesures et des actions nombreuses et convergentes, des problèmes d’alimentation, de santé et de logement demeurent pour un grand nombre des 105 000 étudiants bordelais.

BIEN MANGER ? ÊTRE EN BONNE SANTÉ ?

Selon StudHelp, une des nombreuses associations qui apportent une aide alimentaire, près de 9 étudiants sur 10 sauteraient des repas. L’alimentation serait la variable d’ajustement dans des budgets très serrés. La Fédération des associations générales étudiantes (Fage) a aussi publié une enquête : un étudiant sur cinq ne mange pas à sa faim. Comment étudier, sans une bonne alimentation ?

Pourtant, les institutions sont présentes sous de nombreuses formes pour affronter ce problème de précarité. Directement mais aussi en soutenant les projets des nombreuses associations. Ainsi l’Université de Bordeaux, Bordeaux Métropole, le Conseil départemental et les collectivités territoriales assurent des distributions alimentaires : citons sur notre rive la distribution des paniers à la Bastide. L’Université de Bordeaux, le CROUS, la Banque Alimentaire et la Fédération ATENA s’associent pour permettre aux étudiants de récupérer gratuitement des paniers repas tous les mardis entre 17h et 19h15 à l’IAE de Bordeaux (arrêt de tram « Jardin Botanique », ligne A). Rappelons aussi les repas à 1€ du CROUS aux restaurants universitaires. Accessibles en un clic, de très nombreuses associations viennent en aide aux étudiants pour une aide alimentaire mais aussi pour des produits d’hygiène et un accompagnement psychologique éventuel : la Fédération ATENA, la fondation Bordeaux Université, l’association « On remplit le frigo » … Les files d’attente continuent d’impressionner devant le tiers lieu jeunesse du 125 cours Alsace-Lorraine de 19h à 20h les mardis, le mercredi à Talence pour récupérer des paniers alimentaires Linkee. Enfin Sud-Ouest Solidarité soutient de façon importante des associations d’aide et organise des évènements culturels et sportifs pour collecter des fonds. 

SE LOGER : ENCORE PLUS DÉLICAT

Les logements du CROUS sont pris d’assaut, les locations privées, un parcours du combattant. Difficile de trouver à moins de 450 € par mois, près des moyens de transport et à temps pour la rentrée. Cependant au bout d’un clic on trouve des sites pour faciliter les colocations, dans le logement social ou dans le privé. On peut aussi cohabiter avec un(e) senior pour un grand bénéfice financier et humain. Là encore des plateformes dédiées aident à faciliter les bonnes rencontres. Beaucoup d’associations, comme L’Aclef, reposent sur une solidarité et une participation des bénéficiaires ce qui aide leur émancipation et le lien social.

POURQUOI LE PROBLÈME PERDURE-T-IL ?

Peut-être une difficulté pour ces personnes jeunes et inexpérimentées à utiliser les canaux officiels, pour bénéficier des aides. 80 % des étudiants sont éligibles au logement social mais beaucoup ne le savent pas. Peut-être aussi que certains répugnent à montrer aux autres qu’ils sont dans le besoin…

L’équipage solidaire Délivraide livre les paniers-repas à domicile ce qui permet de n’oublier personne. À l’arrivée, le marché du travail va-t-il intégrer tous ces jeunes à la mesure de leurs investissements et sacrifices ? Cette jeunesse qui nous dirigera bientôt et qui a toute notre sympathie ne vit pas toujours dans ses études ce moment privilégié de joie d’apprendre et de rencontrer les autres que devraient être les années étudiantes. 

Françoise Rouquié