Mireille Kerbaol, responsable de DEFI. ©DH

L’association lormontaise, Défense des exclus par la formation et l’information joue sur le double sens de son sigle, DEFI, pour l’intégration républicaine de ces populations.

Née au départ d’une poignée de militants, à Bordeaux puis à Lormont, DEFI s’occupe, par souci d’égalité, de faire connaître leurs droits aux exclus d’origine française ou étrangère : droit au logement, à l’emploi, à la santé… Si, à Bordeaux, le public visé est en majorité des étrangers en attente de régularisation, à Lormont ce sont des femmes (60%) seules sans revenu dont 21,3% sont Françaises.

DONNER DES MOYENS POUR VIVRE AU QUOTIDIEN

Le Covid ayant aggravé l’exclusion par la fermeture des institutions, il faut à tous ces gens, en plus d’apprendre les rudiments du français, savoir se servir d’internet. Double obstacle que va relever DEFI. Des cours de Français Langue Étrangère sont donnés par 12 bénévoles, sous la forme d’ateliers de 10 participants, en relation avec le CLAP. Il s’agit surtout de leur permettre de se débrouiller dans la vie de tous les jours (lire un panneau de bus, appeler un médecin …) en privilégiant l’oral. « Nous ne sommes que des aidants, pas des formateurs », souligne Mireille Kerbaol, une responsable de DEFI.

L’inclusion numérique étant obligatoire dans notre société, DEFI propose des ateliers collectifs d’apprentissage des compétences numériques de base et un accompagnement individualisé. 70% des participants sont des femmes très assidues, ayant la volonté de dominer le matériel, créer une adresse électronique et surfer sur le net en évitant ses dangers. Il existe aussi des permanences connectées où l’on vient effectuer une recherche ou remplir un dossier avec l’aide d’un conseiller numérique.

FACILITER L’INTÉGRATION À LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE

La mise en place de la première marche vers l’emploi consiste, à travers un entretien individuel sur le projet professionnel, à repérer les femmes employables pour les aider dans leurs démarches vis-à-vis de France Travail par exemple. C’est l’intégration par le travail.

Pour favoriser le lien social entre les habitants des quartiers, DEFI organise des rencontres et des sorties culturelles et citoyennes où viennent en grande majorité des femmes de plus de 50 ans.

Mais ce qui tient le plus à cœur à Mireille Kerbaol c’est de faire vivre la République dans le cœur de ces populations. Une balade dans la ville à la rencontre des symboles républicains sert à expliquer les valeurs qu’ils représentent. Le respect de la loi est l’autre temps fort. On souligne ce qui est permis et ce qui est interdit en France, en comparant avec les autres pays. Pour la laïcité, la partie la plus difficile à faire accepter, Mireille Kerbaol insiste sur la nécessité de l’esprit critique et le respect de la liberté de conscience des autres en rappelant le drame des Guerres de Religion dans l’Histoire de France. Enfin la notion de trouble à l’ordre public est là pour faire comprendre les comportements et les coutumes qui ne suivent pas les codes de la société française. « Le travail sur la laïcité est un travail de fond. On essaye de faire en sorte que ces gens puissent vivre dans la cité, respecter les autres, respecter les lois et faire vivre la République. »

Danièle Heyd