C’est le lutin final !
Moi, lutin, petit être surexploité et officiellement non reconnu comme espèce humaine, déclare ouverte la Grande Révolution Festive Déconnectée.
Depuis des siècles, avec mes consœurs et confrères, nous tricotons, emballons, colmatons, décorons et synchronisons les grelots. En silence, résignés et bienveillants.
En cette fin de quart de siècle, nous n’acceptons plus que décembre et la magie de Noël soient absorbés, et recrachés par l’actualité comme un biscuit trop sec, ou monnayés en permanence comme une vulgaire action en bourse.
Au nom des lutins et pour les humains, je déclare solennellement les droits inaliénables suivants effectifs au 1er décembre 2025 :
Article 1 — Le droit au silence médiatique.
Tout humain a le devoir de ne plus écouter les informations mondiales et nationales. Débranchez. Déconnectez. Désactivez les notifications. Seules la météo neige naturelle et la musique seront autorisées.
Article 2 — Le droit à la lenteur.
Aucun humain ne sera contraint de boucler son année à vitesse grand V. Décembre sera vécu à une cadence raisonnable : une tâche par jour ou deux, seulement si celle de la veille était une sieste ou l’achat décidé et volontaire d’un cadeau.
Article 3 — Le droit au gras.
Les calories consommées entre le 1er et le 31 décembre seront considérées comme salutaires. Raclettes, fondues, foie gras, gougères au magret de canard, gâteaux en forme d’étoile, bûches aux trois chocolats : tout est déclaré d’intérêt national.
Article 4 — La neutralisation des notifications.
Toute notification anxiogène sur un téléphone portable sera interceptée par l’Union des Lutins et transformée en recette de cuisine ou en cocktail avec ou sans alcool.
Article 5 — Le devoir de joie non obligatoire.
Tout humain aura le droit sacré d’être tranquille, de ne parler à personne si cela lui convient, de discuter des pulls moches ou des décorations de sapin. Aucune injonction au bonheur permanent ne sera lancée. On fête la fin de l’année comme on le souhaite, point.
Article 6 — La cerise sur le gâteau.
Tout humain pourra manger un chocolat par jour, sans devoir acheter un calendrier de l’avent, déguster un chocolat chaud et sa petite douceur sucrée sans se justifier, chanter faux la chanson qui lui fera plaisir ou rire en (re) lisant une phrase choc de Pierre Desproges ou Coluche sans être sermonné.
Il n’est pas obligatoire de suivre ces six articles mais fortement conseillé de s’en inspirer pour vivre le mois de décembre sereinement. Décembre n’est pas un examen de fin d’année, c’est un refuge. On renoue avec sa propre enfance et on se laisse bercer par la douce illusion que le Père Noël existe peut-être et qu’il n’a juste pas assez d’une nuit pour enchanter tout le monde.
Profitez des petits bonheurs, aussi simples qu’ils soient !
Bon mois de décembre !
Paula Serrajent
P.S. : si cette déclaration vous a fait du bien, elle peut être prolongée au-delà du 31 décembre et reconduite de façon tacite chaque année sans aucune démarche préalable.