De décennie en décennie, un tout petit pas pour l’homme et pour l’humanité !
En réalisant que 80 ans plus tôt, en 1945, les femmes votaient pour la première fois en France, soit cinquante ans après la Nouvelle-Zélande, je me suis penchée sur les événements majeurs de décennie en décennie jusqu’à aujourd’hui.
L’ensemble peut donner le vertige, on a un sentiment de faire du surplace, de sauter sur une marelle perpétuelle et trop souvent de revenir à la case départ.
2015, Je suis Charlie résume en trois mots l’attentat qui fit douze morts et mit à sang la si chère liberté d’expression que Victor Hugo a tant défendu. Terrorisme.
2005, la convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques est prolongée par le protocole de Kyoto adopté huit ans plus tôt. Climat
1995, la dette publique française dépasse les 55% du PIB, le taux de chômage est au plus haut, les inégalités sociales se creusent et de nombreux mouvements de grève apparaissent. Malaise social.
1985, l’accord de Schengen pose les bases de la libre circulation des citoyens entre certains pays d’Europe. Le film Brazil de Terry Gilliam offre une critique dystopique sur la bureaucratie et l’oppression tandis que Queen offre une performance légendaire au Live Aid, concert organisé pour lutter contre la famine en Afrique. Oppression.
1975, en Espagne, la disparition de Franco met fin à 40 ans de dictature et une transition démocratique s’amorce avec le roi Juan Carlos. En France, la majorité passe à 18 ans et la loi sur l’IVG dite loi Simone Veil est adoptée. Liberté.
1965, la télévision couleur arrive doucement dans les foyers ainsi que de nouveaux biens de consommation. Paris est relié à Lyon par l’autoroute A6 et l’élection présidentielle se fait pour la première fois au suffrage universel direct, entraînant un second tour que De Gaulle gagnera contre Mitterrand. Universel.
1955, le boycott des bus en Alabama devient un moment clé du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Rosa Parks a refusé de céder sa place à un Blanc dans un bus. Droit.
Je m’arrête là. Si on aborde 1945, je vais gâcher ces premiers jours de mai.
Certes, le 8 mai marque la capitulation de l’Allemagne nazie face aux forces alliées… mais 80 ans plus tard, la suprématie aryenne et l’idéologie antisémite ne faiblit pas. Fascisme.
Je préfère rester sur Rosa Parks. Intimidée ni par le chauffeur de bus ni par le passager blanc à qui cette place assise devait revenir au titre de la couleur de peau, Rosa n’a pas cédé : « celle qui est restée debout en restant assise ». Un an plus tard, la cour suprême d’Alabama déclarera illégale la ségrégation dans les transports publics.
La boucle historique est loin d’être bouclée mais une petite boucle s’est formée : 1955, Rosa Parks reste assise dans un bus ; 2025, le journal vous invite dans les transports communs en y consacrant son dossier du mois.
Mai est la promesse du retour des déjeuners en famille dans le jardin, sur la terrasse ou en pique-nique. Ah, ces petits repas animés où tout le monde sera passé en revue, pays, voisins, collègues et amis ! Bonheur.
Joli mois parfumé,
Paula Serrajent
