Réunir les populations. ©EDB

Être éclaireur urbain permet à des personnes en recherche d’emploi de s’investir dans l’association Alternative Urbaine et de favoriser leur avenir professionnel. Cette association propose des balades commentées sur le territoire de la Métropole, en mettant en valeur des quartiers méconnus du grand public.

Bachir Bakhti, préfet délégué pour l’Égalité des Chances, a introduit la manifestation avec la signature du label Guide Assos des services de la ville, grâce auquel des référents vont accompagner directement les responsables associatifs dans la gestion de leur structure. Le préfet délégué a rappelé le rôle important du tissu associatif en vue de réunir les populations et de rompre l’isolement des habitants. « De plus en plus, les gens mangent seuls. Ils étaient 10% de la population il y a vingt ans. Aujourd’hui, ils sont 25%. »

Quel accueil pour les migrants aujourd’hui ?

Marie Clémares est co-présidente du Collectif pour l’égalité des droits. Elle précise comment s’organise aujourd’hui l’accueil des migrants. « Le contexte est devenu difficile. À la suite d’une décision ministérielle en 2024, il n‘y a plus de contact physique avec la préfecture. Les entretiens ne sont plus possibles, tout est géré par l’informatique. Outre le problème de la langue, les migrants se heurtent à l’usage du numérique. Beaucoup repartent dans leur pays. Ne restent que les familles si les enfants sont scolarisés. Nous les accompagnons dans ce véritable parcours du combattant. Le logement, qui leur est dû pendant la demande de titre de séjour, reste la priorité. Cependant cela se termine souvent dans la rue ou dans les squats. » Existe-t-il cependant un espoir ? « On essaie de leur donner une chance. Quelques dossiers aboutissent. Ils représentent pour nous un apport de population laborieuse et aussi de vitalité. »

Nous les accompagnons dans ce véritable parcours du combattant.

LE RUGBY, UN EXEMPLE D’ACCOMPAGNEMENT

Nous avons interrogé Yoan Faucher, responsable de Vivre en Mélée, association de rugby solidaire qui cherche à rendre ce sport accessible et gratuit pour tous, hommes, femmes, adultes handicapés, enfants, et plus particulièrement, aux personnes sans papiers. Vivre en Mélée assure ses joueurs. Tout le matériel est fourni. « C’est un rugby sans placages. On fait des petits matchs et aussi quelques tournois. Ce qui compte, c’est le lien social, l’accompagnement de personnes qui ont des soucis administratifs. L’entraînement a lieu tous les lundis de 19h à 21h au parc Palmer. Cela fait trois ans qu’on existe. On est contents de ce qu’on fait. On est un collectif de 14 encadrants, certains pour la partie terrain, d’autres pour la partie sociale. Plus de 80 personnes sont venues cette année, dont 20 à 30 fidèles à chaque entraînement. » La mairie de Cenon fournit le terrain, le vestiaire de la Maison des Sports, et une salle « où on mange après chaque entraînement. La nourriture se compose de non vendus ou de non consommés. Les participants ont l’impression de faire partie d’une famille. Ils sont plutôt contents. De plus, il existe une grande mixité sociale dans le rugby ».

Ellen & Alain Duleu-Burré