Déchets de 1960. ©D

L’exposition des Archives de la Métropole ouverte en septembre 2025 va, sur une année, permettre aux habitants de connaître le fabuleux destin des déchets ménagers. Aperçu de l’évolution de notre rapport à la qualité de notre environnement.

Si d’entrée on est accueilli par une série de photos des éboueurs de notre époque, en pleine action, on plonge très vite dans les documents municipaux qui depuis le Moyen Âge interdisent de polluer l’espace public. Tous essaient de mettre en œuvre la disparition des déchets dans les rues : cochons en liberté pour manger les restes ou tombereaux tirés pas des chevaux au son des clochettes, propriétés du fermier des boues au XVIIe siècle. Mais le problème des immondices n’est toujours pas résolu au début du XIXe siècle… Ce sera le fil rouge de cette exposition qui va centrer sur toute l’organisation à mettre en place du milieu du XIXe à nos jours au fur et à mesure que la société industrielle va céder la place à la société de consommation.

DES RÉVÉLATIONS ÉTONNANTES

On apprend qu’au XVIIIe siècle des montagnes d’immondices s’accumulaient près de la porte Dijeaux, à côté du palais Gallien ou aux Chartrons. Dans une vitrine sont exposés les déchets datés du Moyen Âge, trouvés sous la place Gambetta. Pots de terre cuite brisés, os d’animaux, coquillages ! Quelle simplicité à côté de la vitrine des ordures repérées en 1930 sur le site de l’ancienne usine Cacolac quai Deschamps. Là on est passé au stade industriel : verres céramiques, métal, tissu, restes
d’animaux. Que dire alors des grandes vidéos des décharges actuelles, contrôlées ou sauvages, regorgeant de tout ce que la société de consommation jette sans remords ! Le visiteur a l’impression de crouler sous les ordures….

EN ROUTE VERS L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE

Que faire des déchets ? À partir de 1850 on essaie de les valoriser. On parle alors des chiffonniers, des regrattiers, des ferrailleurs qui font du porte-à-porte pour récupérer ce qui peut se recycler. Le marché aux puces de Meriadeck, dans les années 1930 bat son plein. Hélas, la société de consommation va tout bouleverser ! Le déchet devient un produit dont on ne sait que faire. Les décharges sauvages se multiplient. La mairie de Bordeaux envisage alors l’incinération des ordures
en construisant en 1933, l’usine de Bacalan. Et en 1985 celle de Cenon. Enfin arrive la loi du 13 juillet 1992 qui jette les bases du système actuel. La CUB prend les choses en main avec le plan T.R.I.V.A.C (Trier, Recycler, Valoriser, Communiquer). C’est désormais aux habitants de trier leurs déchets. Les bacs poubelles prennent des couleurs correspondant au détritus à valoriser. On est désormais à l’époque moderne et sans le vouloir nous devenons acteurs de cette exposition.

Danièle Heyd