
Les femmes au perroquet de Ferdinand Léger (1952). @DH
Jusqu’au 21 septembre, dans le cadre de la 3e exposition Collector, intitulée « Le jardin d’artifices », le Jardin Botanique propose de découvrir 15 œuvres d’art éparpillées dans ses allées et ses massifs.
À part la grande fresque en bronze de Fernand Léger « Les femmes au perroquet » (1952), le reste est totalement inconnu d’un public ordinaire. Chez Léger, la vision de ces femmes puissantes, autour du perroquet, dans une nature où les feuilles ressemblent à des lèvres, célèbre un bonheur de vivre harmonieux. Ce bronze fait face à deux pieds aériens de femme, en marbre noir, posés sur la surface de l’eau d’un bassin (2019), évocation suggestive des divinités du jardin. D’autres œuvres sont plus accusatrices comme « Descanso » (2025) qui dénonce les méfaits de la colonisation. Une majestueuse colonne à la gloire de Christophe Colomb, brisée en plusieurs morceaux, gît dans un parterre de fleurs de Colombie qui la recouvrent pour la faire disparaître. « Invendues » (2021-2024) propose des bottes géantes en polyester totalement inutiles car du même pied, moyen de ridiculiser notre obsession de consommation. Trois autres œuvres mettent en évidence le jeu sur le mélange des matériaux.
« Agave » (2010) place une plante exotique sur un faux rocher en plastique ; « Buis » (1997) mélange des troncs en buis avec leur réplique en ciment. « Móbulas » (2024) présente un étrange vol de ce qui semble être des oiseaux en céramique, sur le lac au fond du parc. On termine par « Jane », statue de pierre mi-femme, mi-plante, belle conclusion de ce jardin d’artifices qui nous dit ici, selon Marie-Laure Bernardat, l’une des commissaires de l’exposition, « que l’art est un mensonge qui dit la vérité. Et que la nature n’existe pas ».
Danièle Heyd
