ROSE DE DIARBÉKIR
de Corinne Zarzavatdjian
(Éditions Presses de la Cité)

En 1893 à Diarbékir dans une des provinces arméniennes de l’Empire ottoman, Rose Hagopian mène une vie heureuse et rêve de faire du théâtre. Passionnée par la culture française, elle part rejoindre la troupe de Sarah Bernard qui est en tournée à Constantinople. Déguisée en homme, elle parvient même, sous le nom d’Azad à partager la vedette avec la Divine, dans Ruy Blas de V. Hugo, à la suite de la défection de l’acteur masculin. Or, ce bonheur est rattrapé par les persécutions du sultan Abdülhamid II contre les Arméniens, préfigurant le génocide futur. Mais peut-on refuser de se battre et fuir à Paris quand on voit son peuple se faire massacrer ? Ce roman brosse deux beaux portraits de femmes, Sarah Bernard dont on connaît le charme et la fougue mais aussi Rose qui passe du statut de tendre jeune fille férue de théâtre à celui d’héroïne de la Résistance arménienne.
Un beau roman.

Danièle Heyd

L’AFFAIRE ALASKA SANDERS,
de Joël Dicker (Éditions Rosie et Wolfe)

Le 3 avril 1999 Alaska Sanders, jolie employée d’une petite station-service dans une bourgade du New Hampshire est retrouvée morte au bord d’un lac par une joggeuse.
L’affaire est finalement assez vite résolue par les autorités locales, aveux à l’appui. Sauf que onze ans plus tard, une lettre anonyme vient subitement semer le doute sur les conclusions de l’époque. C’est donc un « cold case » que nous sert Joël Dicker dirigé par un duo le policier Perry Gahalowood et l’écrivain Marius Goldman. L’auteur nous balade dans le temps, de l’enquête menée par Perry Gahalowood en 1999 et, en parallèle, à celle menée par Marcus Goldman onze ans plus tard. Petit à petit, les secrets des uns et des autres se révèlent : drogue, homicide, pédophilie, recel, saphisme. Dans une écriture très accessible qui privilégie l’action et les rebondissements, Joël Dicker multiplie les fausses pistes. Captivant et efficace, ce roman tient en haleine le lecteurde la première à la dernière page.

Maïté Lavie