Zarina Khan et Maryam Madjidi. @EDB

Des élèves de 4e et 3e du collège Jean-Jaurès à Cenon ont rencontré deux autrices dans le cadre du concours Citoyenneté européenne. Chaque année deux auteurs ou autrices internationaux remettent leurs textes en français aux classes participantes. Ces textes sont étudiés en classe, les élèvent rencontrent ensuite les auteurs ou autrices. Puis ils rédigent leurs propres textes ayant pour thème l’Europe qui sont ensuite adressés à un jury composé de membres de diverses associations.

Le pouvoir des mots

Zarina Khan est née à Tunis en 1954. Elle est écrivaine, philosophe, réalisatrice et actrice. Elle est très engagée dans la défense des droits humains et des enfants, ce qui lui a valu une nomination au prix Nobel de la Paix en 2005. Son ouvrage « La Sagesse d’aimer » relate ses nombreuses expériences.

« J’aime les mots car ils me permettent de me situer dans le monde, et une rencontre pour moi est très importante. Cela m’a redonné de l’espoir quand je n’en avais plus, de l’amour quand je croyais que plus personne ne m’aimait. Cela m’a redonné le sentiment de faire partie de l’humanité. Tenir la main de quelqu’un est très important car cela crée un pont. » Zarina insiste sur l’importance des langues, et en ce qui la concerne, le persan qui est la langue de son enfance. En CP, après avoir déménagé à Paris avec sa famille, elle a compris qu’apprendre le français lui permettrait de créer des liens avec les autres. « Pour moi, l’Europe, c’est la civilisation. » Elle a ensuite demandé aux élèves s’ils parlaient plusieurs langues et certains ont répondu qu’ils en parlaient trois ou quatre.

L’Europe, une terre d’accueil

Maryam Madjidi est née à Téhéran en 1980, puis a émigré en France en 1986. Après avoir enseigné le français à l’étranger, elle l’enseigne maintenant en France aux détenus et aux mineurs non accompagnés. En 2017, elle a remporté le prix Goncourt du premier roman pour « Marx et la poupée ». Son deuxième ouvrage écrit en 2021 s’intitule « Pour que je m’aime encore » et évoque son adolescence. Maryam informe les élèves que son premier roman parle de son oncle emprisonné pour ses convictions politiques. Il voulait lui faire un cadeau qu’il lui remettrait à sa sortie de prison. Il a trouvé une pierre dans la cour et y a gravé son nom en persan. « L’Europe, ça a été notre destination pour vivre, une terre d’accueil. » Maryam anime beaucoup d’ateliers d’écriture en faveur des apprenants car « moi, ça m’a sauvé la vie ».

Les élèves leur ont posé des questions très pertinentes sur leur vie et leurs œuvres. À la fin de la rencontre, Zarina et Maryam leur ont demandé de se lever et de faire une ronde dans la classe en se tenant la main, ce qu’ils ont fait volontiers !

Ellen Duleu-Burré