Prendre la route. Une histoire du voyage à vélo, de Alexandre Schiratti (Éditions Arkhé)

Avec ce titre, comment ne pas rêver d’aventures cyclistes (ou clyclotouristiques). Un voyage dans l’univers du (des) vélo(s) et de leurs utilisateurs(trices). Sur un vélo on peut souff rir, mais on se fait plaisir avant tout. Le vélo, c’est une révolution. Qui voyage à vélo peut voyager loin, apprendre à visiter le monde entier, le méditer aussi. Ce livre est une mine pour tous ceux qui enfourchent leurs « destriers » modernes, mais aussi pour les écrivains voyageurs si nombreux. C’est aussi une fresque sur les rapports entre vélo et gouvernants, entre vélo et aménageurs, entre villes et campagnes, entre les cyclotouristes et cyclistes, entre émancipation des femmes et virilisme. À emporter sur la piste Lapébie… pour une pause bien méritée.

Jean-Claude Bonnet

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L’heure des prédateurs, de Giuliano Da Empoli (Éditions Gallimard)

L’auteur brosse d’abord le portrait de celui qu’il appelle « un borgien » en référence à César Borgia, l’inspirateur du « Prince » de Machiavel. « Une bête de pouvoir réelle moitié renard, moitié lion qui utilise la ruse pour flatter les hommes et la force pour les subjuguer. » Son but ? Modeler la réalité selon ses désirs. Mohammed ben Salmane et El Milagro Bukele en sont l’incarnation traditionnelle. À côté on trouve les nouveaux borgiens avec pour arme internet, les réseaux sociaux, l’IA. Ils méprisent les élites et provoquent le chaos pour les détruire et asseoir leur puissance. De Cortez qui anéantit l’empire aztèque à Trump et Musk en passant par Poutine et Milei, tous ces prédateurs ont su créer un environnement chaotique par des décisions audacieuses captivant l’attention du public tout en sidérant leurs adversaires. Aujourd’hui semble émerger un nouveau monde qui bafoue les règles au profit des seigneurs de la tech et de leur créature, l’IA. Malgré une construction en puzzle, on arrive à saisir la gravité de la situation actuelle.

Danièle Heyd