
De gauche à droite : Julien Bredel éducateur technique spécialisé, Amine participant aux chantiers, Sébastien Morin charpentier et chef de chantiers, Alexandre participant aux chantiers, Vincent Rieu directeur et fondateur, Jolène Rubio architecte d’intérieur et chargée de communication, Marc Plessis menuisier et chargé réemploi. @DR
Dans notre édition de mai (EdC n°290), nous avions fait connaissance avec les micro-habitats en éco-construction solidaire réalisés à Bouliac. Quels sont les ouvrages engagés aujourd’hui dans cette entreprise ?
Le module en construction : une base de vie pour la ferme urbainede Mérignac
« Notre vocation, rappelle Vincent Rieu, le fondateur et directeur de Tiny Lab, est de réaliser en atelier de petits espaces à livrer, pour répondre aux besoins du logement sur le territoire de la Gironde. » Peu onéreuses et confortables ces micro-maisons sont bien adaptées pour l’hébergement saisonnier et les logements sociaux. « Nous souhaitons apporter une solution qui soit digne pour sortir les gens de la précarité et les aider à se construire », précise-t-il. La Ville de Mérignac crée une ferme urbaine destinée à produire des fruits et légumes bio pour fournir entre autres les crèches municipales. Avec ce module, les jardiniers impliqués dans le projet pourront disposer d’un lieu confortable pour manger, se laver, se reposer.
L’insertion au coeur de l’entreprise
À Macanan, Tiny Lab travaille au sein d’un ITEP (Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique) dépendant de l’OREAG (Orientation et Rééducation des Enfants et Adolescents de la Gironde) où sont accueillis, soignés et formés des jeunes en situation de handicap psychologique et de précarité sociale. Cette proximité permet de déporter les ateliers techniques de la formation OREAG pour des demi-journées ou des périodes plus longues sur le chantier du Tiny lab. Les jeunes de 15-16 ans travaillent alors concrètement avec des professionnels de la construction écologique. Une immersion professionnelle à travers des chantiers utiles. À la différence des stages habituels en entreprises ils n’observent plus seulement, ils font. Ils sont très fiers. En deux mois, Zinedine a tout vu, du début à la fin, il a échangé avec tous les corps de métiers. Lors de stages rémunérés sur du temps plein, les jeunes prennent conscience de la valeur du travail. À la fin, ils ont presque un Smic, des projets personnels, et des adresses pour des entreprises que l’on peut leur recommander. Ils sont ravis. Pas de rémunération spécifique pour Tiny Lab, juste une aide au démarrage, et avec les jeunes une complexité supplémentaire, mais c’est une démarche volontaire. « On sait pourquoi on le fait », affirme Vincent Rieu, très motivé pour leur réussite.
Visite de chantier, un module presque terminé
Vincent, l’ingénieur, a réalisé les études thermiques, il les a soumises aux architectes qui souhaitaient un maximum de réemploi. Sébastien Morin, le chef de chantier explique : « Le bois vient d’une scierie en Dordogne qui connaît l’origine du bois sélectionné spécifiquement. L’isolation est ensuite faite avec de la laine de bois de réemploi qui vient d’un chantier de déconstruction. De même le mobilier. » Dans le cahier des charges du client, 300 heures d’insertion. Plusieurs jeunes ont travaillé en continu. Inauguration le 26 novembre.
En préparation, tout un micro-village solaire et solidaire, 20 à 30 habitats pour du logement social ou saisonnier. Le Pôle territorial du Cœur de l’Entre-deux-Mers est très intéressé. Une opportunité de formation importante offerte par Tiny Lab à beaucoup de jeunes.
Françoise Rouquié