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Jusqu’au 23 janvier, les Archives de Bordeaux Métropole présentent dans l’exposition « Extraordinaire ! », une série de documents privés tous aussi surprenants les uns que les autres.
À côté des textes officiels versés obligatoirement par les administrations, il existe une voie d’entrée « extraordinaire » qui désigne les dons, legs ou dépôts faits par des propriétaires privés. Correspondances, registres de comptes, livres de raison, affiches, photographies, films etc., tous apportent une dimension humaine, parfois intime, à une époque du passé. Ils sont, pour certains, à cause du décalage dans le temps, des pépites ou des curiosités pour les visiteurs.
Peinture et vision stéréotypée des sexes dans les années 1950
Dès le début de l’exposition, une série d’affiches murales drôles et colorées. Elles tranchent avec le portrait imposant de René Girard, digne professeur de faculté, revêtu de sa toge rouge et noire (1894-1972). Ce tableau a été peint en 1955 par François-Maurice Roganeau, auteur dans la vitrine centrale d’un dessin humoristique pour le livre d’or d’un célèbre restaurant bordelais. On est surpris de voir une femme nue présentée sur un plateau et qualifiée de « dessert » par les cuisiniers et les clients ! Ah ! Le bon temps de la misogynie sans complexe !!!!
Des photos désormais historiques
Dans cette vitrine, l’économie a une place de choix : livre de raison et livres de comptes de la fin du XVIIIe siècle, photographie de la passerelle Eiffel à Bordeaux (1860), inauguration de l’usine Ford à Blanquefort en présence d’Henry Ford II en 1973. La grande histoire se réduit à une petite photo de De Gaulle en 1944 et à une médaille de Louis XVIII (1820).
Tous apportent une dimension humaine, parfois intime, à une époque du passé.
Un festival de documents inattendus
Pêle-mêle on remarque la plaquette des tournées Tichadel (1958-1962) avec leurs « girls » qui faisaient courir tout Bordeaux, un herbier bien modeste, la photo de jeunes écolières costumées pour la fête de leur école (avant 1940). Le bouquet final de ces surprises se compose du contrat de mariage de Joseph de Montaigne, un cousin du philosophe, daté de 1602, du livre d’or de la villa Primrose (1909-1935) et d’un
discours de François Mauriac après son prix Nobel (1952). Le plus amusant c’est que les trois se côtoient !
Danièle Heyd